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Santé, social, culture

lu 2261 fois | publié le 26/09/2017

Ingénieur du son

L’ingénieur du son s’assure de la qualité de l’enregistrement des bandes-son au cinéma, des albums en studio, des concerts en salles, des émissions à la télévision, etc. Il allie la connaissance musicale et sonore à la maîtrise des hautes technologies de l’enregistrement et de la diffusion sonores numériques.

Autres intitulés

  • Chef opérateur son
  • Régisseur son
  • Assistant son
  • Monteur son
  • Mixeur son
  • Preneur de son
  • Chef opérateur de prise de son TV

 

Activités principales

Préparation des conditions de prise de son

  • Repérer les lieux de tournage et de prise de son.
  • Choisir le matériel le plus propice et établir une fiche technique son.
  • Procéder à la lecture du scénario en fonction des prises de son à effectuer et compléter les informations retenues par une rencontre avec le réalisateur.
  • Proposer des procédures d’enregistrement qui tiennent compte de la post-production prévue.
  • Apporter un soin particulier au choix des microphones qui doivent être adaptés aux besoins de chaque séquence.

 

Réalisation de l’enregistrement, prise de son, sonorisation

  • Équiper les artistes avec les micros nécessaires avec l’aide d’un assistant son.
  • Déterminer la manière dont la principale prise de son va être effectuée.
  • Installer les microphones nécessaires.
  • Effectuer les câblages et la connectique.
  • Raccorder tous les microphones (filaires et HF) au dispositif d’enregistrement souvent composé aujourd’hui d’une petite console de mixage et d’un voire plusieurs enregistreurs son numérique.
  • Trouver un emplacement qui permet d’observer les prises de vue sans les gêner, ou disposer d’un retour vidéo image.
  • Écouter indépendamment chaque micro et en modifier les réglages, lors de toutes les prises de son.
  • Écouter les interventions enregistrées, mais aussi surveiller les bruits parasites impromptus.
  • Assurer un pré-mélange des différentes pistes audio.
  • Évaluer et jauger immédiatement la situation afin de proposer de retourner une prise enregistrée.
  • Contrôler chaque piste à l’aide d’un casque, et régler les niveaux d’enregistrement avec une table de mixage.

 

Mixage et création d’une bande son (post-production)

  • Récupérer tous les éléments sonores nécessaires : dialogues et autres paroles issus du tournage (souvent pré-montés lors du montage de l’image) ; sons seuls, ambiances, bruitages, effets sonores ; musiques.
  • Attribuer des voies logiques à tous ces éléments.
  • Distribuer spatialement les sources sonores sur la bande son pour permettre leur localisation « logique » par l’ouïe du spectateur-auditeur.
  • Commencer par un pré-mixage et assemblage des pistes son.
  • Gommer toutes les différences sonores qui peuvent exister lors de changements de plans (univers sonores, niveaux d’enregistrement, petites différences dues aux différences du moment de l’enregistrement, etc.).
  • Raccorder les voix post synchro aux voix synchro de manière cohérente.
  • Travailler différentes déclinaisons destinées à d’autres canaux de diffusion : une diffusion TV classique, des versions pour Internet ou une diffusion sur des récepteurs mobiles.

 

Activités éventuelles

Le chef opérateur de prise de son planifiera un ou plusieurs assistants son dont il préparera l’affectation : installation des équipements de prise de son, de sonorisation, de monitoring, des systèmes d’ordre, configuration des appareils (microphones, systèmes sans fils, systèmes de retour, système de sonorisation, système d’ordre).

 

Variabilité des activités

Les activités de l’ingénieur du son peuvent varier selon...

Le type de structure :

  • Pour la télévision : le chef opérateur son est responsable du mixage et de la distribution du son, pour cela il a le contrôle de toute la partie son d’une émission ou œuvre, depuis la préparation, la captation, le traitement, le mixage et l’enregistrement des sons. Il travaille dans le cadre d’un programme audiovisuel sous la direction d’un réalisateur. Le chef opérateur son officie sur les plateaux de télévision et en extérieur, sur des régies fixes, déportées, mobiles ou avec des moyens individuels, opère sur des programmes de flux, d’actualités ou de fictions, en conditions d’enregistrement ou conditions de direct.
  • Au cinéma, en tournage : collaborateur du réalisateur, il a la responsabilité artistique et technique des enregistrements et de la réalisation sonores du film par l’apport des sons synchrones et des sons seuls. Il détermine avec le directeur de production les moyens matériels, techniques et humains nécessaires au tournage du film. Pour capter des sons lors du tournage, il travaille en équipe avec un assistant qu’il encadre : celui-ci, appelé perchiste (perchman), manie la perche et place les micros additionnels si nécessaire.
  • Au cinéma, en phase de mixage : le mixeur (souvent ingénieur du son, mixeur) effectue un travail de mixage à partir d’éléments sonores enregistrés lors d’un tournage et des éléments apportés lors du montage sons, du bruitage, des enregistrements de voix post-synchronisées. À partir d’enregistrements bruts fournis par le chef opérateur du son et l’équipe du montage image, il s’emploie à créer une bande son (multipiste) équilibrée. Il a la charge de mélanger et équilibrer toutes les pistes son, de manière cohérente avec le scénario, le montage, la narration, le style.
  • En studio d’enregistrement : véritable homme-orchestre d’un album de musique, il enregistre chaque musicien séparément sur une seule piste et retravaille les sons, les aigus et les graves au mixage, imprimant ainsi une tonalité particulière. Les musiciens sont très vigilants sur le choix de leur ingénieur du son qui est souvent musicien lui-même ou ancien musicien.
  • Lors de concerts, tournées, festivals : lorsqu’il travaille dans un lieu qui accueille du public, comme une salle de spectacle, par exemple, l’ingénieur du son se soucie de la sécurité des personnes en garantissant les installations de sonorisation contre les risques électriques ou de chute d’objets. De même, il veille à diffuser un son dont les paramètres sont conformes aux niveaux sonores de diffusion. Dans le cas d’un spectacle, il y a un ingénieur du son dit « façade », qui s’occupe de prendre le son de la salle, et un autre, l’ingénieur du son dit « retour » qui s’occupe du mixage du son pour les musiciens.

 

Rémunération

Jeune diplômé : entre 30 et 35 k€ (souvent intermittent)

Jeune cadre : entre 35 et 40 k€

(Fourchettes de rémunération selon profil, niveau d’expérience, responsabilité hiérarchique, taille et statut de la structure, etc.)

 

Compétences requises

Compétences techniques

  • Très bonne connaissance des familles de microphones du marché et de leur exploitation
  • Maîtrise des outils et logiciels d’enregistrement
  • Connaissance du mixage multicanal
  • Maîtrise des logiciels Protools, Cubase, Sound Forge, etc.
  • Bonne culture audiovisuelle
  • Maîtrise des outils de mixage
  • Connaissances en acoustique, en électricité, en électronique

 

Aptitudes professionnelles

  • Posséder une « oreille » hautement sélective pour une écoute concentrée
  • Savoir argumenter ses choix techniques auprès des réalisateurs
  • Être force de proposition artistique
  • Faire preuve de diplomatie envers les autres services
  • Capacité à travailler en grande autonomie

 

Le profil

Diplômes requis

  • Formation de niveau Bac +2/3 : BTS métiers de l’audiovisuel, option son
  • Formation de niveau Bac +5 :
    • Diplôme du CNSMDP (Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris), musicien ingénieur du son
    • Diplôme de l’ENSMIS, ex-Fémis, spécialisation son
    • Diplôme des métiers d’art (DMA), régie du spectacle, option son
    • Diplôme de l’École nationale supérieure Louis Lumière, section son
    • Diplôme de l’ISTS (Institut supérieur des techniques du son), ESRA
  • Formation continue

 

Durée d’expérience

L’ingénieur du son commence généralement en tant qu’intermittent, puis après quelques années d’expérience, peut intégrer une structure en tant que salarié.

 

Postes précédents (P-1)

  • Assistant son
  • Perchiste

 

Qui recrute ?

  • Radios
  • Télévisions
  • Studios d’enregistrement
  • Sociétés de prestations évènementielles
  • Entreprises de loisirs (parcs de loisirs, etc.)
  • Sociétés de production
  • Entreprises du spectacle vivant

 

Rattachement hiérarchique

  • Réalisateur
  • Producteur
  • Chargé de production
  • Responsable technique

 

En tant qu’intermittent du spectacle, l’ingénieur du son peut travailler de manière autonome mais sous la responsabilité d’un donneur d’ordre (musicien, directeur artistique, producteur, réalisateur, etc.).

 

Environnement de travail et interlocuteurs

Internes :

  • Réalisateur
  • Scripte
  • Assistant son/perchiste
  • Acteurs
  • Cadreur
  • Directeur de la photographie
  • Machinistes
  • Autres techniciens (vidéo, lumières, etc.)
  • Responsable auditorium

 

Externes :

  • Compositeur
  • Superviseur musical
  • Chef d’orchestre

 

Evolution professionnelle (P+1)

  • Responsable technique
  • Directeur technique

 

Contexte et facteurs d’évolution du métier

Avec le développement rapide des systèmes d’écoute, notamment dans les salles de cinéma ces dernières années, le champ sonore proposé aux spectateurs a évolué d’un son stéréophonique vers un champ sonore enveloppant et multidirectionnel. La difficulté pour l’ingénieur du son, ainsi que pour le mixeur lors de la post-production est la captation pour une exploitation en reproduction sonore multicanal. Une prise de son avec un microphone multicanal spécial, regroupant plusieurs micros, peut être utile pour capter des sons ambiants d’un décor naturel. Aujourd’hui, il y a plutôt une tendance à multiplier l’enregistrement de sources sonores en mono et de réaliser une spatialisation adéquate lors de mixage son multicanal. Le preneur de son devra donc connaître les besoins précis du mixage et adapter ses prises de son en fonction.

L’évolution du son pour les films de cinéma connaît depuis de longues années des évolutions technologiques assez semblables de celles du montage de l’image. Après l’apparition du son stéréo dans les années 1980 et l’apparition du traitement sonore numérique, le mixage son est devenu très complexe avec le mixage multipistes (Dolby 5.1, DTS ou autre). Comme pour l’image, les stations de travail dédiées au son sont devenues très puissantes et se sont largement répandues dans les auditoriums de mixage. Idem pour les consoles de mixages (manuelles) qui se sont transformées en consoles largement assistées par des progiciels informatiques : l’automation enregistre et reproduit tous les mouvements des curseurs que le mixeur va effectuer.

L’ingénieur du son doit aujourd’hui maîtriser l’utilisation des consoles numériques, évolution des consoles analogiques. Alors même que ces dernières nécessitaient une connaissance en électronique, les consoles numériques relèvent à présent du domaine informatique et logiciel. Le champ de compétence de l’ingénieur du son a donc évolué.

Depuis quelques années, autant dans l’audiovisuel que dans le spectacle vivant, apparaît le rôle de sound designer. Pour la réalisation d’un film, pour une comédie musicale ou même pour un jeu vidéo, c’est une personne qui est chargée d’appréhender le son dans sa globalité. Les musiques, les effets sonores, les bruitages et tout ce qui entoure l’œuvre dans son ensemble est pris en compte. Le sound designer se place désormais à la coordination des acteurs du son.