« Le data scientist est un “geek” aux multiples compétences, qui doit savoir interpréter les algorithmes, trier, décoder, être à la fois proactif, multitâche et communicant… » - Apec.fr

Vous êtes actuellement sur le site Cadres. Changer de site ?

Temoignages

lu 227 fois | publié le 17/10/2017

Témoignage · « Le data scientist est un “geek” aux multiples compétences, qui doit savoir interpréter les algorithmes, trier, décoder, être à la fois proactif, multitâche et communicant… »

Yannick Le Cacheux, Data scientist, AXA

« Matheux par passion », Yannick Le Cacheux aime depuis toujours réfléchir sur des problèmes abstraits complexes, en utilisant des méthodes mathématiques et statistiques avancées. La data science répondra à cette vocation. Il choisit ainsi de combiner son diplôme d’ingénieur de l’école des Mines de Nantes avec une formation spécialisée sur le machine learning au Georgia Institute of Technology, aux États-Unis. Dès l’obtention de ce double diplôme en 2015, Yannick Le Cacheux est alors contacté par de nombreuses entreprises, dont AXA. « La recherche d’un premier emploi a été plutôt facile puisque je n’ai pas vraiment cherché ! Parmi les recruteurs qui m’ont contacté, AXA m’a proposé un poste intéressant. J’ai ainsi découvert le monde de l’assurance à travers la data science. »

Pour accompagner sa mutation numérique, AXA développe fortement les métiers du digital et de la data. Chaque équipe métier (CRM, marketing, produits…) peut ainsi avoir un ou plusieurs data scientists spécialisés sur ses problématiques. Yannick Le Cacheux, quant à lui, travaille dans le pôle data science transversal, qui aide l’ensemble des équipes de l’entreprise. « Notre département fait office de référence data chez AXA France. Il est composé de cinq data scientists, une dizaine de développeurs, trois data managers qui coordonnent la donnée au quotidien et veillent aux aspects juridiques, cinq chargés de qualification qui vérifient le bon respect du cahier des charges des productions, et cinq ou six chefs de projets qui gèrent l’interaction avec les équipes métiers de l’entreprise. Nous pouvons ainsi gérer un projet data de A à Z, pour n’importe quelle entité. » Les projets data varient en général d’un « proof of concept » sur l’intérêt de techniques algorithmiques pour un service, à l’industrialisation complète d’une solution data personnalisée. Yannick Le Cacheux est également amené à travailler sur des enjeux stratégiques à plus long terme. « Je travaille notamment sur la déduplication de la base de données clients d’AXA. Certains clients sont en effet répertoriés plusieurs fois sans qu’ils soient repérés. Par exemple, Monsieur X souscrit à une assurance habitation en ligne, puis il va, quelques années plus tard, dans une agence et prend une assurance auto, mais il peut aussi par ailleurs être affilié à une mutuelle apparentée AXA via son entreprise ! Il apparaîtra ainsi trois fois dans nos bases de données. Mon travail est d’identifier ce type de cas pour avoir une vision unifiée de nos clients. Cela paraît simple mais cela nécessite des algorithmes assez complexes, d’autant plus sur une base de données composée de 30 millions de personnes ! »

Les projets data menés par Yannick Le Cacheux l’amènent à être en relation directe et permanente avec les autres services de l’entreprise : cadrage des besoins, réunions de travail, présentation des résultats, industrialisation de solutions data... La communication et la vulgarisation de ces approches sont son quotidien. Yannick Le Cacheux apprécie cet aspect, et s’est notamment spécialisé dans la formation de ses collaborateurs. « Hier, j’ai par exemple donné une formation technique aux actuaires, sur de nouveaux outils big data. J’aime cette dimension d’accompagnement des équipes sur l’évolution des technologies. » La formation, Yannick Le Cacheux l’utilise également pour lui-même, pour suivre les évolutions permanentes de son métier. « Il y a sans cesse des évolutions réglementaires, l’usage des données clients est de plus en plus règlementé. On doit se former sur ces aspects. Puis, avec l’intelligence artificielle et les objets connectés, on a accès à de plus en plus de données, et donc de plus en plus de cas d’usage potentiellement intéressants à développer. Chez AXA, nous travaillons par exemple sur un projet pour identifier plus facilement les pièces jointes des mails (constat, pièce d’identité, chèque…), afin d’accélérer les processus de traitement interne. Ce sont des sujets qui m’intéressent. D’ailleurs, je pense commencer un doctorat en intelligence artificielle à la rentrée prochaine, pour me perfectionner... »