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Etudes, recherche et développement

lu 113 fois | publié le 22/07/2009

Témoignage · « Une intervention très en amont dans le processus d'innovation. »

Catherine Souaille, Chargée de recherche en modélisation moléculaire, Sanofi-Aventis

À l'issue de son baccalauréat scientifique, Catherine Souaille réalise un parcours complet dans le domaine de la recherche. Diplômée d'une école d'ingénieur en 1991, l'ENSCL (École nationale supérieure de chimie de Lille), elle effectue un DEA de pharmacologie dans un laboratoire universitaire, suivi d'une thèse en modélisation moléculaire au CEA. Elle effectue un premier stage post-doctoral à l'université de Montréal et participe à un forum organisé par l'Association Bernard Grégory (ABG). Ces forums permettent aux jeunes chercheurs français émigrés en Amérique du Nord de rencontrer des entreprises et organismes de recherche français. « L'ABG est un lien important pour les jeunes chercheurs expatriés avec la France et le marché de l'emploi en France. » Elle intègre ensuite un laboratoire universitaire en Suisse dans le cadre d'un second post-doc, financé par Rhône-Poulenc-Rorer, puis rejoint Aventis (groupe issu de la fusion entre RPR et HMR) en 2001 en tant que chercheur en modélisation moléculaire.

Sanofi-Aventis est le premier groupe européen en matière de recherche pharmaceutique. Le groupe est issu du rachat d'Aventis par Sanofi-Synthélabo. Il compte aujourd'hui environ 100 000 salariés. Les activités de recherche et développement représentent quelque 17 000 personnes au total, réparties sur 27 sites de recherche européens. « Il existe des groupes thématiques de recherche liés des maladies spécifiques que nous cherchons à traiter. Mon département intervient très en amont à l'aide des méthodes de modélisation moléculaire pour participer, en partenariat avec les chimistes et les biologistes au processus de conception des médicaments. En support aux biologistes, nous étudions les cibles potentielles avec nos méthodes d'analyse pour sélectionner les protéines sur lesquelles diriger nos recherches. À ce stade, il n'y a pas d'approche économique mais essentiellement scientifique. »

Une fois les objectifs définis, le travail de recherche se fait en équipe et en interaction avec les équipes de chimistes : « Dans le domaine de la modélisation moléculaire, tout le personnel est cadre, avec au minimum un Master professionnel ou de recherche, mais, le plus souvent, une thèse et un ou plusieurs stages post-doctoraux. Notre outil principal est l'informatique et des logiciels spécifiques. Nous travaillons sur la conception des molécules de façon virtuelle. Ensuite, il y a une interaction forte avec les équipes de chimistes. »

Des réunions très régulières sont organisées avec les chimistes qui vont ensuite tenter de synthétiser les molécules en laboratoire. « Comprendre leur travail est indispensable pour nos travaux de recherche amont. Nous créons avec eux une émulation, nous échangeons des idées et des pistes de réflexion. »

Le travail de chercheur en modélisation moléculaire nécessite aussi un travail plus solitaire de recherche et d'analyse devant son écran d'ordinateur, « environ 60 à 70% de mon temps, d'où l'importance de créer des contacts avec les équipes qui interviennent en aval ou avec des homologues chercheurs en modélisation ».

« Les projets de recherche sur lesquels nous travaillons s'inscrivent sur du long terme. Si l'on excepte les phases de validation réglementaire du médicament, le simple développement d'une molécule peut prendre deux ans minimum, cinq à six ans en moyenne et parfois beaucoup plus. » La recherche scientifique dans le secteur pharmaceutique nécessite par ailleurs l'intervention de disciplines complémentaires et différentes : « Il s'agit d'un carrefour entre les activités de chimie, de médecine, de biologie, de modélisation... cette vision multidisciplinaire est très riche. Nous développons également des partenariats avec le CNRS et des universités afin d'accueillir en permanence des stagiaires (niveau Master) et des post-doc. » En revanche, les avancées des projets de recherche restent souvent incertaines : « Nous ne sommes pas seuls à choisir les sujets de recherche, et nous avons des objectifs bien précis à tenir. Enfin, il faut savoir qu'une recherche peut s'arrêter en cours de route, ce qui peut représenter une source de frustration. »

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