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Communication, création

lu 0 fois | publié le 18/12/2015

Témoignage · « Le directeur artistique choisit d’intégrer un artiste dans le label. Mais ce n’est pas un choix sans suite, ce sont de vrais moments de vie partagés dans l’accompagnement de son projet de production. »

Paul Hubeau, Directeur artistique, Don’t Stop Music

Passionné de musique dès l’enfance, Paul Hubeau déploie ses compétences musicales à l’adolescence en composant ses propres morceaux électro puis rap. Il suit parallèlement un cursus universitaire en droit/administration, qu’il délaisse pour perpétuer la fibre commerciale familiale en « essayant » le porte à porte et divers postes de vendeur/magasinier. C’est justement lors d’une de ces expériences en magasin que la musique rattrape son parcours professionnel, lorsqu’il prend l’initiative d’organiser un événement musical pour le lancement d’une nouvelle ligne de vêtements. Contacts avec les partenaires radio, démarchage d’artistes, création des affiches, etc. Paul Hubeau révèle sa « petite âme de producteur », sans pour autant encore connaître véritablement le métier… La création d’un label, reliant ses deux univers d’attache musical et commercial, sonne alors comme une évidence, « un bon compromis ». C’est pourtant lors d’un événement imprévisible et tragique, le décès d’un ami musicien, que Paul Hubeau décide de se lancer et perpétuer l’œuvre de l’artiste en montant le label Raid One Music. Le bouche-à-oreille fonctionne, les rencontres se diversifient, les projets se construisent… Très vite, le label ne démarche plus, il est lui-même contacté par les artistes. La SARL devient une association en 2013 et change de nom pour s’appeler Don’t stop music.

Paul Hubeau est aujourd’hui directeur artistique et producteur au sein de son label. Il a pris un associé administrateur « qui s’occupe de tout ce qui est comptabilité, montage de dossiers, demandes de subventions » et un animateur qui coordonne les ateliers d’écriture que le label propose dans certains foyers. Savoir faire des choix est selon lui l’essence même du directeur artistique de label, qui doit sélectionner les artistes à produire, les titres à intégrer à une compilation... Mais ces choix doivent être réfléchis, au-delà des goûts qui lui sont propres, selon les tendances actuelles, les attentes du public et le projet de l’artiste. Les « rencontres humaines » sont en cela primordiales, avec les artistes comme avec le monde extérieur et même ses proches : « Je ne peux pas rester que sur mes goûts, sans regarder à côté ce que les jeunes apprécient comme musique ou même demander par exemple à mon neveu de 12 ans… ». Il doit donc savoir écouter, prendre du recul, mais aussi être suffisamment adaptable pour « partager des moments de vie avec des gens très différents », en studio notamment, où « il n’y a pas d’outil technique qui indique comment travailler avec un artiste, ce sont avant tout des rapports humains ». Il a à cœur de s’investir à 100% dans la production de ses artistes. Au sein d’un label, la complémentarité des deux métiers directeur artistique/producteur lui paraît ainsi nécessaire pour ne pas se « déresponsabiliser » sur une des étapes. « Je ne me verrais pas faire qu’une part du métier, parce qu’on a beau faire un bon choix artistique avec un bon artiste, un belle pochette, etc., si derrière il n’y a pas de pub, pas de clips, on ne vendra pas 2 000 albums. »

Paul Hubeau est fier d’avoir acquis toutes ses compétences sur le terrain, en jouant de la musique, en composant, puis en assistant aux enregistrements. C’est ainsi qu’il a appris le solfège, s’est familiarisé avec le vocabulaire technique, a développé sa connaissance de la musique urbaine, etc. L’implication sur le terrain lui permet également de suivre les mœurs et tendances de la société, auxquels il va « falloir s’adapter ». Le numérique, qui a bouleversé la production musicale, n’a cependant pas réellement impacté ses fonctions de directeur artistique. Car Paul Hubeau envisage le digital comme complémentaire d’une distribution physique des œuvres musicales « dans les bacs » qui nécessite « davantage de travail de choix artistique que la diffusion numérique qui peut parfois laisser passer n’importe quoi ».

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Mots-clés : métierdirecteur artistique