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commentaire (0) | | publié le 04/12/2016

Vie pro/vie perso · Travailler avec un ami, comment ne pas tout mélanger

Travailler avec un ami, comment ne pas tout mélanger

Ami avec un collègue ? Embauché par un copain ? Dans les 2 cas, des précautions s'imposent. Des conseils pour ne pas perdre un pote, pardon : un collaborateur.

 

Anticiper les problèmes

 Pas de secret, lorsqu'on passe 8 heures par jours, 5 jours par semaine avec les mêmes personnes, les amitiés se créent, inexorablement. L'Insee relève que chez les cadres 25% de leurs amis sont des collègues de travail. Il est important pour vous de planifier - dès maintenant - ce que vous ferez lorsque vous devrez gérer un retard sur un dossier dont s'occupe votre ami, lorsque votre patron-copain mettra plusieurs mois à rembourser vos frais, ou encore lorsque vous décèlerez l'incompétence de votre pote-collaborateur que vous salariez depuis à peine un mois.

Attention à vos e-mails!

L'écriture des e-mails est un piège : car le 2e degré, l'humour, le décalage, tout ce qui enrichit et nuance un propos à l'oral se perd totalement à l'écrit. A moins de saturer vos e-mails de smileys, de points d'exclamation et d'onomatopées signifiant que vous plaisantez. Alors une règle d'or : humour light dans les e-mails professionnels ' et pas d'ironie si possible ', un ton neutre et naturel et des expressions toujours positives. Pour des échanges persos avec vos collègues-amis, privilégiez leurs adresses personnelles et évitez de mettre d'autres collègues en copie. Le but n'est pas de se cacher, mais d'éviter les malentendus, la confusion des propos. Quant aux mails professionnels, n'oubliez pas qu'ils peuvent être rapportés à vos supérieurs ou à d'autres collègues, notamment lors d'un transfert involontaire.

En réunion : restez pro

 Pas question de se taper mutuellement sur les cuisses en réunion ! Votre ami est d'abord votre collègue, notamment vis-à-vis des autres salariés. Alors efforcez-vous de ne pas rappeler votre amitié à tout bout de champ en multipliant les clins d'œil, les blagues entre soi et en s'asseyant systématiquement côte-à-côte. La jalousie des autres, fondée sur le sentiment de mise à l'écart, peut être dévastateur lors des réunions qui sont avant tout des ateliers de travail collectifs. Par ailleurs, vous pourriez embarrasser votre ami selon sa position hiérarchique. Assurez-vous par exemple qu'il accepte d'être tutoyé devant les autres ou les clients. Il en va de même si vous évoquez des activités communes (restaurant, sport, week-end), un excès de prudence vaut mieux qu'un déballage à tout va.

N+1 est votre ami : ne l'obligez pas !

Même si vous n'en avez pas l'intention, il se peut que vous obligiez votre ami, c'est-à-dire que vous instrumentalisiez votre relation pour obtenir des compensation dans le travail. Par exemple, le stage d'un membre de votre famille dans votre service, des avances sur salaire ou sur frais dont ne bénéficieraient pas les autres salariés, des délais dans la remise d'un travail. Le fait que vous soyez amis dans une relation hiérarchique vous impose une certaine exemplarité, à la fois vis-à-vis des collègues et vis-à-vis de cet ami N+1 que vous ne voulez pas gêner aux entournures. Efforcez-vous de ne jamais être un poids en vous demandant systématiquement : « que ferais-je si j'étais simplement son collaborateur ? »

Et si on devenait associés ?

Vous êtes déjà amis et collègues. Et si en plus vous deveniez associés ? Attention, danger. Les manuels de création d'entreprise mettent clairement en garde contre cette éventualité. Car en créant ensemble une société (ou en entrant dans le capital d'une société déjà existante), vous mettez clairement de l'argent entre vous. Alors posez-vous d'abord quelques questions : quel gestionnaire est vraiment cet ami ? Comment ferons-nous si l'un d'entre nous veut vendre ses parts ou si un tiers veut rejoindre le capital ? Sommes-nous d'accord sur l'objet de l'entreprise et sur ses clients ? Pensez également que vous pourrez être associé et salarié. Dans ce cas, l'équilibre sera délicat : vous serez son égal en tant qu'ami et en tant qu'associé, mais vous resterez son employé en tant que salarié. Serez-vous prêt à bien faire la distinction entre les décisions qui concernent votre travail et celles qui concernent la société ?

Article rédigé par Jean Chabod


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