Les "turbo-cadres" ou l'art de travailler en mouvement - Apec.fr

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| publié le 14/08/2014

Savoir-Faire · Les "turbo-cadres" ou l'art de travailler en mouvement

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Pour améliorer leur qualité de vie, de plus en plus de cadres fuient la capitale, où ils travaillent, pour s'installer en province. Ces "turbo-cadres" effectuent quotidiennement un long trajet entre leur domicile et leur bureau, qu'ils optimisent en travaillant.

C'est un petit phénomène sociologique. Chaque jour, plusieurs milliers de personnes effectuent le trajet province Paris pour rejoindre leur bureau. Vous êtes tenté ? Voilà ce qu'il faut savoir avant de faire le grand saut.

Repos et productivité. On les appelle les "turbo-cadres", parce qu'ils sont majoritairement cadres ou chefs d'entreprise. Le prix de l'immobilier dans les grandes agglomérations, particulièrement à Paris, et la recherche d'une meilleure qualité de vie, expliquent sans doute ce choix du " navettage " qui suppose d'organiser son temps différemment. Rattraper du travail en retard dans le train peut devenir un système très productif. Plusieurs cadres navetteurs estiment également obtenir une meilleure productivité du fait de l'échéance de leurs horaires de train, et de la possibilité de se consacrer, notamment grâce à leur ordinateur portable, pendant le temps de transport, à des tâches qu'ils ne peuvent accomplir au bureau (rédaction, lecture), en raison des nombreuses sollicitations auxquelles ils doivent faire face. Le temps de transport peut également être un bon moment pour "récupérer" physiquement et mentalement toute l'énergie que l'on a concentré en début de journée. Le navetteur, évidemment, se lève tôt, voire très tôt.

Négocier son emploi du temps. Les contraintes du temps de transport ajoutées à celles des obligations familiales obligent le nouveau "turbo cadre" à négocier un agenda strict. Très vite, il devient pour lui nécessaire que les réunions se tiennent dans des créneaux précis : en général après 10h et avant 17h. Un type de contraintes qui nécessite un temps de négociation avec ses collègues et son supérieur hiérarchique, même dans le cas où l'on dispose du statut de cadre autonome, et donc de la liberté légale de gérer son emploi du temps. Les contraintes d'un collectif de travail exigent, dans tous les cas, d'avoir prévu à l'avance la situation dans laquelle une réunion se prolonge tard, plutôt que d'être pris au dépourvu. Cette négociation est toujours délicate : le navettage peut être perçu comme un manque d'investissement dans le travail. C'est pourquoi il est plus aisé de faire accepter ses contraintes de navetteur lorsqu'on est en place depuis un certain temps et qu'on a fait ses preuves, plutôt qu'au moment de l'embauche.

Bien choisir son nid. Une fois sécurisé le versant professionnel, il vous reste à déterminer les bons critères qui vont vous permettre d'optimiser votre nouvelle vie de turbo : si vous avez des enfants et notamment des adolescents, fuyez les territoires trop isolés et optez plutôt pour une ville qui offre des services sportifs et culturels de bonnes tenues, ainsi que des aides à l'insertion (logement, école). Si vos enfants sont encore petits, n'oubliez pas qu'il vous faudra investir dans une nounou ou une employée de maison qui pourra vous seconder efficacement. Enfin, avant de vous précipiter dans l'achat immobilier, préférez dans un premier temps la formule "location" à partir de laquelle vous pourrez rechercher en toute tranquillité la maison de vos rêves. La vie de turbo cadre ne s'organise pas en un jour, alors prenez votre temps...

Mots-clés : mobilité