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Entretien J - 2 : préparation obligatoire !

Entretien J - 2 : préparation obligatoire !

Vous avez un entretien d'embauche. Mais à l'enthousiasme succède l'inquiétude. Car l'enjeu est de taille : il s'agit de décrocher votre nouvel emploi. Pour ne pas (trop) stresser le jour J, mieux vaut se préparer.

 

Quelles sont vos réalisations ? Que pouvez-vous apporter à l'entreprise ? Pourquoi voulez-vous intégrer ce poste ? Pour répondre à ces interrogations, préparer son entretien, plusieurs jours à l'avance, est primordial.
Réglez en premier lieu les détails pratiques et collectez le maximum d'informations sur le rendez-vous. Demandez à la secrétaire la fonction de votre interlocuteur et le contenu de l'entrevue : durée, entretien individuel ou collectif, tests ou non. Renseignez-vous sur la localisation exacte de la société (plan, transports en commun, parking) afin de ne pas arriver en retard le jour J. Soyez toujours courtois. Donner une bonne image de vous à l'assistante est aussi important, car elle travaille avec votre interlocuteur.

Il ne sera pas question de réciter votre CV ! Listez les points essentiels et préparez des exemples concrets. N'hésitez pas à parler de votre expérience concrète du management d'équipe, à détailler un projet dont vous aviez la charge, des résultats commerciaux, chiffres à l'appui, pour illustrer vos compétences. Vous devez également montrer votre savoir-être. Là encore, des exemples précis vous y aideront. Si vous avez obtenu cet entretien en répondant à une annonce, étudiez-la de nouveau : vous devrez montrer que vous avez compris le besoin de l'entreprise. Si vous avez envoyé une candidature spontanée, relisez votre lettre. Vous devrez mettre en exergue votre motivation et la valeur ajoutée que vous pouvez apporter à l'entreprise.

Informez-vous sur la société et son environnement. Les cadres ont tendance à négliger cette démarche. Pourtant elle est essentielle. Surfer sur Internet et lire les journaux économiques et spécialisés vous permettront de mieux comprendre la problématique de l'entreprise, mais aussi ses objectifs et ses valeurs. Cette recherche vous aidera à formuler des questions pertinentes sur sa stratégie, la culture d'entreprise, les modes de fonctionnement ou votre évolution professionnelle.

En dernier lieu, anticipez les questions "pièges". "Quels sont vos défauts et vos qualités ?" est l'une des questions classiques des recruteurs. Le but est plus d'étudier votre façon d'y répondre ou de faire votre auto-critique que le contenu de la réponse elle-même. "Positivez" donc vos défauts. Mieux vaut être persévérant (vous ne baissez pas les bras) que têtu (vous êtes rigide). Essayez d'imaginer les questions qui vous gênent le plus : Par exemple, pour quelles raisons avez-vous quitté votre entreprise ou pourquoi avez-vous été licencié. Répondez simplement et de façon à mettre en avant des points positifs : Votre départ subi vous a permis de vous repositionner. Afin de rester à l'aise.  "Mon argumentaire s'est amélioré au fil des entretiens, note Etienne Boris, consultant chargé d'études chez Stratop ; au premier, j'étais un peu trop spontané. Pour les suivants, j'ai construit mes réponses pour mieux me mettre en valeur".
A la fin de l'entretien, remerciez votre interlocuteur. Et n'oubliez pas de faire un bilan écrit de votre échange. Cela vous permettra de mieux préparer vos futurs entretiens.

 

"Le candidat doit savoir ce qu'il veut dire pour être aussi à l'écoute du recruteur"

Catherine Lavrillat, consultante Apec

Confirmé ou non, le cadre doit bien préparer son entretien, notamment s'il est resté plusieurs années dans la même entreprise et n'a pas été confronté depuis longtemps à la réalité du marché du travail. L'entretien n'est pas un interrogatoire, mais un échange d'informations entre le candidat et le recruteur. Il s'agit pour ce dernier d'être rassuré sur les compétences et la personnalité du cadre. Ses questions visent donc à s'assurer de points importants auprès du candidat et non à le mettre mal à l'aise.
L'entretien permet au cadre d'approfondir et de valoriser son parcours, ses expériences, et de montrer qu'il peut répondre au besoin de l'entreprise. Pour cette raison, il doit bien préparer son argumentaire. Il doit aussi poser des questions par rapport à ses attentes et ses souhaits. Mais il ne doit pas monopoliser la parole. L'entretien est un dialogue et le candidat doit savoir écouter le recruteur sans l'interrompre afin de rebondir sur ses propos et montrer qu'il le comprend. La qualité de ses interventions est plus importante que leur longueur ! Enfin, le cadre ne doit pas oublier que l'enjeu de l'entretien est aussi essentiel pour le recruteur car ce dernier ne doit pas se tromper. Savoir cela permettra au cadre de moins stresser !

Corinne Letessier, responsable communication recrutement de la Société Générale

"Un entretien n'est pas un oral d'examen"

Quel est pour vous l'objectif d'un entretien de recrutement ?
Un entretien, quelle que soit sa forme, a toujours la même finalité : découvrir le candidat et sa personnalité. Lorsque vous avez un CV et une lettre de motivation, vous ne connaissez qu'un bout de l'histoire de la personne, présentée d'ailleurs de façon sèche. L'entretien va permettre de rencontrer le candidat et de mettre en valeur ses caractéristiques, ses traits de personnalité, sa motivation et son projet.

Quelles sont pour vous les questions essentielles ?
A la Société Générale, nous organisons deux entretiens : l'un avec un conseiller de recrutement, l'autre avec un responsable de département. Le conseiller recrutement cherche à évaluer la personnalité, l'adaptabilité, la capacité d'évolution du cadre. Le responsable de département vérifie plutôt les compétences techniques. Une décision collégiale est alors prise. Mais la question essentielle pour nous concerne la motivation du candidat. Pourquoi veut-il travailler dans le secteur bancaire et, plus précisément, à la Société Générale ?

Quels conseils donneriez-vous pour ne pas "rater" son entretien ?
On ne "rate" pas un entretien. Un entretien n'est pas un oral d'examen. Il ne s'agit pas non plus de déstabiliser le candidat. L'essentiel est de voir si la personne est en adéquation avec le poste. Si ce n'est pas le cas, cela ne veut pas dire pour autant que le candidat a échoué ou qu'il est mauvais. Mais il vaut mieux se rendre compte tout de suite d'une non-adéquation aussi bien pour le cadre que pour l'entreprise. Le meilleur conseil à donner est de rester soi-même, d'être authentique. On ne peut pas tromper longtemps ses interlocuteurs au fil des entretiens.