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Reconversion · Les cadres de la pharmacie très soignés par les autres secteurs
publié le : 14/12/2009
Poussés vers la sortie par les laboratoires, les ingénieurs et commerciaux de la filière pharmaceutique peuvent rebondir dans différentes industries et même... dans la finance.
Conjoncture morose. Les cadres de la pharmacie n’ont pas trop la
forme en ce moment. Leur industrie est en pleine mutation et cette
transformation ne se fait pas sans mal. Le Leem*, le syndicat du secteur
pharmaceutique, a recensé pas moins de 30 plans de sauvegarde de
l’emploi (PSE), représentant au total plus de 6 500 suppressions de
poste. A titre d’exemple, le britannique GlaxoSmithKline prévoit de se
séparer de près de 1 200 salariés sur les 5 000 que compte sa filiale
française.
Hémorragie chez les VM. Pour les
seuls visiteurs médicaux (VM), qui bénéficient tous du statut cadre,
l’hémorragie n’est pas prête de s’arrêter : leur effectif devrait passer
de 22 000 à 16 000 d’ici 2012, toujours d’après le Leem. " Avec le
développement des génériques, la maîtrise des dépenses publiques de
santé, la réduction des budgets promotionnels et le changement de modèle
économique des laboratoires qui n’est désormais plus basé sur les "
blockbusters " (des médicaments générant 1 milliard de dollars de
revenus, NDLR), le métier de visiteur médical évolue et il y a moins
besoin de visites chez les médecins ", explique Emmanuelle Garassino,
responsable de l’Observatoire des métiers au Leem. D’où la baisse
programmée du nombre de visiteurs médicaux…
Des
débouchés naturels. D’une manière générale, " les cadres
de la pharmacie ont de quoi se faire du soucis ", estime Denise Silber,
dirigeante de Basil Stratégies, une société de conseil spécialisée dans
la santé. Pour autant, leur cas est loin d’être désespéré. D’abord, ils
peuvent trouver des débouchés dans des domaines périphériques, moins en
difficulté, comme la pharmacovigilance (la surveillance et la prévention
du risque d'effet indésirable résultant de l'utilisation des
médicaments, NDLR), les biotechnologies, les produits vétérinaires ou
encore le matériel médical (scanner, IRM, échographe…).
De
la cosmétique à la banque. Mieux : ils intéressent
d’autres secteurs d’activité. " Les ingénieurs de production et les
qualiticiens de la pharmacie sont très prisés dans l’électronique et
notamment dans les micro-processeurs, où la fabrication se déroule en
salles blanches ", observe Christine Bagnaro, directrice " sciences de
la vie " au sein de l’AFII**. " L’industrie cosmétique apprécie
également les responsables qualité de la pharmacie, complète Emmanuelle
Garassino. Tout comme l’agroalimentaire, soumise à des normes de qualité
européennes de plus en plus drastiques. " Même les visiteurs médicaux
n’éprouvent pas trop de difficulté à se reconvertir. " Les banques, les
compagnies d’assurance et les gestionnaires de patrimoine sont
intéressés par ces profils, capables de présenter des produits complexes
et qui connaissent bien la cible très convoitée des médecins ", constate
Emmanuelle Garassino.
* Les entreprises du médicament
**
Agence française pour les investissements internationaux

