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La rémunération des cadres " verts " atteint des sommets
publié le : 01/02/2010
Les métiers liés à l'environnement continuent de se développer. Ce type de compétences étant encore rares, les salaires de ces professionnels s'envolent.
Un plus salarial. Les cadres, spécialisés dans l’environnement ou
possédant une compétence liée au développement durable, seraient plutôt
bien lotis. Selon la première enquête sur les rémunérations des métiers
verts réalisée par le cabinet de recrutement Michael Page et diffusée en
décembre 2009, ces cols blancs à la fibre écolo gagneraient, en moyenne,
10% de plus. Une sorte de " prime verte " résultant de la rareté de ce
type d’expertises alors même que ces nouveaux métiers sont en plein
essor. Le Grenelle de l’environnement devraient générer 600 000 emplois
en France, d’après une étude du Boston Consulting Group. Et à en croire
l’Ademe*, 90 000 postes issus du développement durable ont déjà été
créés dans l’Hexagone depuis 2006.
Une demande
en hausse. " Les métiers verts représentaient 3% à 5% de notre
activité en 2008, contre près de 20% aujourd’hui ", constate Nicolas
Vermersch, directeur général de Michael Page France. " Il existe des
opportunités dans le BTP autour, notamment, des démarches HQE**, du
diagnostic et de l’efficacité énergétiques ", confirme Hugues Pariot, DG
du cabinet Expectra. L’étude de Michael Page énumère les fourchettes de
salaire de 17 métiers verts, répartis dans 7 secteurs (énergies
renouvelables, environnement, développement durable, commerce équitable,
cadre de vie, déchets, fonds d’investissement responsables) : 6
fonctions connaissent des rémunérations en hausse.
Chef
de projet ENR. Le chef de projet énergies renouvelables, chargé de
piloter la création et la gestion d’un parc de production d’électricité
d’origine éolienne, solaire, biomasse ou biogaz, est payé entre 40 000
et 70 000 euros bruts par an. Ce cadre de formation technique
(ingénieur, agronome, géologue…), commerciale ou même financière, doit
justifier d’au moins 2 ans d’expérience en gestion de projets énergies
renouvelables ou de projets techniques. Une connaissance des procédures
administratives et des logiciels spécifiques aux énergies nouvelles est
appréciée.
Ingénieur efficacité énergétique des
bâtiments. Sous la pression de réglementations thermiques de
plus en plus contraignantes, les stratégies d’optimisation et de
performance énergétiques deviennent cruciales dans le BTP. Travaillant
dans des cabinets conseil, en entreprise ou dans les bureaux de contrôle
technique, les ingénieurs en efficacité énergétique des bâtiments sont
très recherchés. Ces cadres thermiciens, issus d’écoles d’ingénieurs,
comme l’Insa*** de Strasbourg, perçoivent entre 45 000 et 75 000 euros
bruts annuels. Ils doivent maîtriser les outils de simulation thermique,
type Pleiade, Comfie ou Trnsys. Outre des missions d’audit et de
préconisations, ces spécialistes assurent une veille technologique et
réglementaire.
Chef de projets site et sols pollués.
Géologue, hydrogéologue, issu des écoles d’ingénieurs, comme les Mines,
les Insa ou les ENSI****, il maîtrise les bases du droit de
l’environnement ainsi que les logiciels dédiés, comme Autocad, Mike 11
ou Surfer. Autant de compétences nécessaires pour réhabiliter les sites,
les sols ou les nappes phréatiques pollués par des activités
industrielles et qui expliquent que cet expert touche entre 38 000 et 85
000 euros bruts par an.
Chef de projet HQE. Cette fonction
est née des nouvelles contraintes environnementales exigées par les
réglementations ou volontairement mises en œuvre par les constructeurs
immobiliers. Formé par des écoles d’ingénieurs ou par des universités
spécialisées dans les démarches HQE, ce cadre intervient en amont des
projets et intègre des objectifs énergétiques et environnementaux. Il
est rétribué entre 45 000 et 95 000 euros bruts annuels.
Expert
bilan carbone. Le spécialiste de la méthode du bilan carbone dispose
d’une formation d’ingénieur, maîtrise les outils d’analyse de cycle de
vie (ACV) et possède une expérience significative dans la conduite de
projets de réduction de gaz à effets de serre ou de diagnostics
énergétiques. Autres compétences appréciées pour ce poste en plein essor
: une bonne capacité rédactionnelle et un bon niveau d’anglais qui lui
permettent d’émarger de 35 000 à 50 000 euros bruts par an. Ce métier,
l’un des plus récents de la vague verte, touche également des bonus,
représentant de 20% à 30% de sa rémunération.
DDD.
Créé par les entreprises afin de suivre les recommandations de la loi
NRE de 2001, le poste de directeur ou de responsable du développement
durable a longtemps été pourvu en interne par la mobilité
d’opérationnels impliqués dans les enjeux environnementaux. Aujourd’hui,
on observe de plus en plus de recrutements externes, notamment dans les
grosses PME. Une bonne connaissance du secteur d’activité de
l’entreprise est demandée. Enfin, un bon sens relationnel est nécessaire
pour ce poste transversal rétribué entre 45 000 et… 130 000 euros bruts
annuels !
* Agence de l’environnement et de la maîtrise de
l’énergie
** Haute qualité environnementale
***
Institut national des sciences appliquées
**** Ecole nationale
supérieure d’ingénieurs

