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La candidature électronique n'a pas tué la candidature postale

La candidature électronique n'a pas tué la candidature postale La déferlante Internet a installé de nouvelles pratiques sur le marché du recrutement. Mais beaucoup de recruteurs et de candidats restent fidèles aux outils traditionnels, notamment dans les secteurs du commerce et de la construction.

Internet domine, mais ne convainc pas tout le monde. Dix ans après l’arrivée d’Internet, les outils de recrutement en ligne sont en pleine forme et utilisés aussi bien par les entreprises que par les candidats. Les annonces en ligne sont déjà solidement ancrées dans le décor de l’emploi tandis que des Cvthèques volumineuses et fonctionnelles génèrent un trafic de plus en plus important. Dans ce contexte, on comprend que les entreprises se dotent, les unes après les autres, de logiciels de gestion de candidatures alors que, côté candidats, les premiers réseaux virtuels consolident leur audience en proposant une alternative communautaire à la recherche d’emploi « classique ». Cette toute puissance d’Internet n’est pourtant pas complète puisque, à l’heure actuelle, 45% des candidatures arrivent toujours par voie postale. Du côté des recruteurs, les points de vue sont également mitigés. Ainsi, la moitié seulement voit dans la candidature électronique une plus grande facilité de traitement et un quart reste favorable au courrier traditionnel.

Un clivage entre Paris et la province. Une étude réalisée par l’Apec met également en valeur certains clivages significatifs, comme celui qui apparaît entre la province et l’Ile-de-France. Les entreprises parisiennes semble s’être majoritairement appropriées le traitement des candidatures électroniques, mieux adaptée à leur fonctionnement. Cette disparité trouve une explication dans l’histoire de l’informatisation. La région parisienne connaît une forte concentration de sièges sociaux et d’entreprises de grande taille. Elle a surfé précocement sur la vague Internet et bénéficie aujourd’hui plus qu’ailleurs de l’effet d’expérience. Il existe par ailleurs un contraste selon l’expérience du candidat, un jeune diplômé ayant une inclination plus franche pour les nouvelles technologies et envoyant plus volontiers sa candidature via Internet qu’un cadre confirmé.

CV traditionnel pour le BTP et le commerce. On constate également des différences notables d’un secteur à l’autre. Du côté des SSII, la proximité culturelle avec Internet incite les recruteurs comme les candidats à se prononcer clairement en faveur de la candidature électronique. Mais d’autres secteurs restent sur la réserve. C’est le cas du commerce qui compte parmi ces recruteurs autant d’adeptes du CV papier qu’électronique. Les entreprises de BTP quant à elles considèrent en grande partie que les candidatures postales ne sont pas plus difficiles à traiter que celles électroniques. Mais dans ces deux secteurs, 60% des candidatures arrivent encore aux entreprises par voie postale.

Source : Apec, Le marché de l’emploi cadre à l’heure d’Internet, juin 2006

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