A la Une cette semaine
Cette semaine
A vous de...
Tous nos conseils
Reprise d'entreprise
Partir à l'étranger
DOUBLON PARTIEL
Changer de métier, ça se prépare
Un changement de métier ne s'improvise pas. La décision repose la plupart du temps sur une formation et l'identification de compétences transférables. Autant de travail et de réflexion qui nécessite un fort investissement. Et une véritable stratégie. Études de cas et conseils pour bien aborder sa reconversion professionnelle.
« Mon bilan de compétences m’a conforté dans mon projet »
Chantal
Monnier, 39 ans. Ancien cadre du secteur social chargée des personnes
placées sous tutelle, elle est aujourd’hui responsable qualité en milieu
hospitalier.
"Après dix ans d’expérience en tant que déléguée à
la tutelle, j’ai eu envie d’évoluer vers une autre fonction. J'avais
l’idée de m'orienter vers la gestion qualité dans le secteur social ou
hospitalier. Mais je n’étais pas très sûre de mon choix. J’ai donc
commencé par suivre un bilan de compétences pour faire le point. Cette
démarche m’a confortée dans mon projet : j’ai pu vérifier que j’avais
des compétences transférables pour ce métier, notamment en conduite de
projets et en animation d’équipes. J’ai également rencontré des
professionnels du secteur qui ont confirmé ce point et m’ont permis de
vérifier les conditions d’accès à ce métier et d’évaluer les
perspectives d’emploi. J’ai ainsi réalisé que le marché était porteur,
les hôpitaux entraient dans une démarche qualité impulsée par le
ministère de la santé. Mais il fallait aussi je me forme, ce que j’ai
fait en préparant un diplôme d’études supérieures de responsable en
gestion qualité via un CIF financé par le Fongecif de Franche-Comté.
Après un an de formation, j'ai repris contact avec les consultants
rencontrés au cours de mon bilan. C'est ainsi que j'ai trouvé mes
premières missions en conseil qualité. Ce nouveau réseau m’a été très
utile pour amorcer ma reconversion."
« Mon master m’a
permis d’acquérir de nouvelles connaissances »
Pierre
Calvas, 42 ans. Ancien responsable communication dans une association
humanitaire, il est devenu chargé de mission à la direction de
l’environnement et du développement durable de la SNCF.
Après
six années dans la communication humanitaire, Pierre Calvas s’est senti
bloqué dans ses perspectives d’évolution et a négocié son départ en
1998. Intéressé par les questions d’environnement, il s’investit alors
dans des actions bénévoles d’éducation à l’environnement. "L’idée de
m’orienter vers la gestion de l’environnement dans les transports m’est
venue de là : en menant une opération de nettoyage de déchets d’une gare
SNCF de la petite ceinture dans le 18e arrondissement, j’ai réalisé que
ces problématiques commençaient à intéresser les entreprises de
transports". Pour amorcer son virage, Pierre a suivi un master
spécialisé d’éco conseiller à Strasbourg, « pour acquérir de nouvelles
connaissances, notamment dans le domaine de la réglementation
environnementale ». En fin de cursus, il choisit de faire son stage… à
la SNCF, où il établit un rapport sur la pollution des locomotives
diesel à la Gare de l'Est. A l’issue de son stage, Pierre est embauché
pour piloter un projet de management dans l’environnement. "Je suis
tombé au bon moment, puisque la SNCF développait alors sa politique en
gestion de l’environnement. Mon stage a été excellent tremplin pour me
faire connaître et cerner ces opportunités".
L’avis
de Judith Rousseau, consultante à l’Apec de Cergy.
"Avant
de se réorienter, il est essentiel de confronter l’idée que l’on se fait
d’un nouveau métier avec sa réalité et les perspectives d’emploi, ce
qu’a fait Chantal en consultant des professionnels dans le cadre de son
bilan et Pierre en misant sur le bénévolat associatif. Chacun d’eux a su
se créer de nouveaux contacts et les utiliser pour retrouver un emploi
suite à leur formation. C’est la meilleure stratégie à adopter : le
travail de réseau est la meilleure méthode pour mettre un pied à
l’étrier dans une nouvelle fonction. On voit bien aussi qu’un tel virage
professionnel demande un fort investissement, en temps et en énergie.
Outre un travail d’approche du marché, il faut souvent être prêt à se
former pour acquérir des compétences complémentaires, accepter de
refaire des stages comme Pierre. La motivation est essentielle pour
tenir le cap ! C’est pourquoi si l’on doute de la voie à suivre,
commencer par un bilan de compétences, comme l’a fait Chantal, me parait
indispensable pour clarifier ses aspirations."

