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De l'art de négocier
Une proposition de job ¿ externe ¿ vous donne un atout incontestable pour réviser vos conditions de travail en interne : salaire, primes, missions, position dans l'organigramme. Mais attention, vous marchez sur des ¿ufs.
Flatteur. Une proposition de job lorsqu'on est en poste, c'est
bon pour l'ego - ça fait toujours plaisir de voir sa valeur reconnue.
Mais dans un 2e temps, cela peut devenir déstabilisant... et pas très
simple à vivre. Pourtant, en gardant la tête froide, on peut tirer tout
le parti de la situation.
C'est d'abord l'occasion de vous
positionner sur le marché. Profitez-en pour faire le point sur
votre carrière et votre "employabilité". Si la proposition est très
intéressante (meilleure rémunération, missions élargies...) C'est sans
doute que votre profil est recherché. D'un autre côté, si votre
employeur n'essaye pas de vous retenir, peut-être vous manque-t-il
quelque chose. Ce mini bilan peut mettre à jour des lacunes auxquelles
vous pourrez ensuite remédier. Prenez du recul sur votre rôle dans
l'entreprise : est-ce le moment de bouger, quelles sont vos possibilités
d'évolution, votre manager vous fait-il confiance ?...
Pas
de coup de bluff. La proposition peut servir à entamer un dialogue
constructif avec la hiérarchie. Le contexte actuel est plutôt à
l'avantage des cadres... et il y a des marges de négociation à
exploiter. Mais assurez-vous d'abord que l'offre est sérieuse. Attention
aux promesses floues émanant d'une société dont vous n'avez jamais
entendu parler !
Une chose est sûre : il faudra éviter de jouer le
chantage et le rapport de force. Les comportements puérils, du genre "si
vous ne m'augmentez pas, je pars car on me fait une proposition très
intéressante ailleurs", sont à proscrire. Ils risquent fort de braquer
votre employeur, et si vous ne partez pas, vous risquez de le regretter
amèrement.
Prudence... Communiquez avec tact et en
tenant compte de votre secteur, de votre fonction. Sophie Jouannaud,
consultante à l'IGS (Institut de gestion sociale), met en garde :
"Parler à son employeur d'une offre extérieure est une carte que l'on
doit se réserver en dernier recours". Donc, ne mettez le sujet sur la
table d'emblée que si vous savez que votre profil est très recherché, ou
que le secteur est tendu en terme d'emploi. Bref, si vous vous sentez en
position de force... ce qui est rarement le cas.
Et les
collègues ? En règle générale, mieux vaut de toute façon tâter
le terrain avant. Eventuellement en mettant d'abord dans la confidence
des collègues. Ils feront peut-être courir un bruit qui ira jusqu'aux
oreilles de la hiérarchie. Il sera alors temps d'évoquer vos
perspectives d'évolution avec votre manager sans pour autant tout
dévoiler. Rien ne bouge ? Alors abattez votre dernière carte et parlez
de votre proposition, sans la "gonfler". Il se peut alors que, comme par
enchantement, votre cas personnel prenne de l'importance et qu'une
contre offre sorte du chapeau. Sous la forme d'une augmentation par
exemple...
Le bon timing. Autre élément important pour
sortir gagnant de la négociation : tenir compte du calendrier. "Si on
vous a fait une offre en fin d'année, juste avant l'entretien
d'évaluation, elle pèsera plus lourd dans la balance qu'en début
d'année, lorsque tous les budgets seront bouclés", ajoute Sophie
Jouannaud. Si l'on tient à vous, on vous fera une contre proposition et
vous aurez un choix encore plus intéressant. Si votre entreprise ne
bouge pas le petit doigt, vous pourrez la quitter sans regret.

