Candidature
Autodidactes : ce qu'il faut valoriser dans votre candidature
Les autodidactes ont les moyens de valoriser leur parcours, même sans le sacro-saint diplôme. Autodidactes et recruteurs témoignent.
Si les diplômes comptent immanquablement aux yeux des recruteurs, l'expérience pour le poste visé et les compétences conservent toute leur importance. De fait, les autodidactes ont leur carte à jouer dans la course aux postes.
Les talents à valoriser
" L'autodidacte a dû faire preuve d’adaptation ", entame Laurent Corbon, lui-même autodidacte et directeur administratif et financier (DAF) du groupe Prieux qui regroupe 350 salariés. Cet ancien chef de mission chez Mazars est parfois amené à recruter. Il recense les qualités essentielles à valoriser : " L'autodidacte a pour lui l'expérience du terrain et des hommes, ainsi qu'une grande facilité de contact et d'apprentissage. Il fait attention à beaucoup plus de détails dans un projet, ce qui rend sa démarche très sécurisante pour ses supérieurs. Enfin, il a une vision globale des problèmes parce qu'on ne lui a jamais appris à isoler les éléments, à se concentrer sur un seul aspect. "
Hélène Bézille, Professeur à Paris 12 et spécialiste de l'autodidaxie, résume les 7 talents d'un autodidacte : il a la passion d'apprendre, il sait s'autoriser la déviance et la résistance aux conformismes sociaux, il sait explorer une pensé buissonnière, saisir les opportunités, expérimenter, tolérer l'incertitude et improviser. 7 talents à valoriser dans une recherche d'emploi, en les déclinant bien sûr par rapport au poste visé.
La structure du CV
" Je leur vois 3 qualités principales, ajoute Elodie Faure, responsable des ressources humaines sur site du groupe Les Mousquetaires. La prise de recul avec les situations, parce qu'ils analysent et réfléchissent davantage aux conséquences d'une action ; la ténacité sur les projets et les missions, ce qui est flagrant chez les autodidactes seniors ; leur caractère posé et rassurant. " Pour Elodie Faure, le CV doit être très structuré et mettre en avant les compétences acquises et directement opérationnelles pour le poste visé. " Il faut absolument sortir du CV par périodes qui reprend dix fois le même poste sur toute la longueur et qui n'apprend rien de neuf au recruteur. On mettra donc les expériences en quelques lignes et, en fin de CV, on ajoutera les formations suivies et les outils maîtrisés ", conclut-elle. " Dans mon CV, à la place de Diplômes, je mets Acquis, explique Laurent Corbon : de telle année à telle année, j'ai acquis la maîtrise de tel outil, comme s'il s'agissait d'un vrai diplôme. Mieux : l'autodidacte peut préciser que pour tel acquis, il a le " niveau Master 2 " par exemple, ce qui signifiera " l'équivalent de... ". Mais attention, il ne faut pas mentir et l'expliciter immédiatement lors l'entretien ! "
A qui adresser sa candidature ?
Pour Laurent Corbon, pas de doute, il vaut mieux l'envoyer directement aux entreprises plutôt que de passer par les cabinets de recrutement. " Les difficultés dans l'emploi, les autodidactes connaissent bien, eux qui ont souvent tendance à minimiser leurs compétences On nous pardonne moins les fautes dans notre parcours, regrette le DAF." "Mais nous pouvons transformer cela en force, surtout en entretien de recrutement puisque nous avons cette plus grande capacité à reconnaître nos échecs. "*
Article rédigé par Jean Chabod
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thikar le 29/03/2012 14:42
Tout d'abord,un grand merci à Jean Chabod pour cet article concernant un thème jamais assez traité en France et ailleurs,celui de l'autodidaxie!!!
Ensuite, c'est déroutant d’être autodidacte,frustrant de voir des gens avec des hautes fonctions manquer autant de classe et d'intelligence, c'est déprimant de ne pas être considéré par manque de diplômes,on donne l'occasion à des gens qu'on considère comme relativement formatés et donc assez butés voire un peu cons de nous dénigrer.
Il devrait y avoir 2 cellules de recrutement et comparer pour se rendre compte de l'intelligence d'un autodidacte et de son 6ème sens grâce à son indiscutable expérience y compris dans la vie de tous les jours.
En tant qu'autodidacte,on aime pas les limites et pourtant on nous en mettra tout le temps,nous rappelant ainsi qu'on est pas assez diplômés.
C'est plutôt décevant d’être constamment obligé de se battre pour faire comprendre aux autres que rien n'est impossible pour un autodidacte.
Vous aurez compris que je le suis moi même,j'ajouterai que je suis également cadre ingénieur!!!
arnaud44800 le 25/01/2012 11:46
J'ai trouvé rassurant de lire cet article.
Je suis à la recherche d'un emploi et j'ai les mêmes problèmes que vous décrivez.
J'ai travaillé en 2000 en tant qu'aide comptable, hôte d'accueil, consultant vente, administrateur, responsable rétention et assistant manager (plus manager car avec la crise mes responsabilités et mes objectifs ont doublés) J'ai 31 ans !
Peu de réponse de la part des entreprises alors après je peux comprendre qu'il y a "une prise de risque" pour le DRH mais quelqu'un qui s'adapte, qui est polyvalent est toujours plus fort qu'une personne qui se contente de faire ce qu'il a apprit.
J'ai évolué, j'ai une soif d'apprendre j'affectionne le Multi-tâches et les responsabilités, je suis à l'aise à travailler dans l'urgence et je n'intéresse personne.
J'ai eu des grands défis course à la rentabilité et crise financière et restructuration qui avait un impact direct sur l'activité.
Je n'intéresse personne.
J'ai été responsable de personnes de bac+2 et bac+3 pour certains et je pense qu'il ne faut pas confondre intellectualité et intelligence!
En bref, les DRH cherchent des clones. La seule solution pour nous autres autodidacte est de persévérer jusqu'à ce que certaines personnes nous donnent notre chance et croyez-moi (c'est de l'humour noir) que si les DRH avait la moitié de leurs salaires basé sur le turn-over de leur société bah il regarderaient à deux fois et prendraient le temps d'étudier certains aspects d' une candidature.
LaBelette le 01/12/2011 22:47
Merci !
Merci pour cet article qui remonte le moral.
"Mais c'est moi ! "
Je ne serais donc pas que cette personne un peu agaçante qui fourre son nez partout, qui s'interroge sur des projets lointains n'intéressant personne, ou au contraire à des points de détail qui pourraient faire capoter un projet, toujours à tenter de faire le lien entre les choses au lieu de les ranger chacune à sa place, à vouloir travailler à la fois au four et au moulin, et qui en plus maintient un ennuyé silence lors des séances "souvenirs de fac" de ses collègues ingénieurs parce qu'elle n'a que des "souvenirs de bac" ? Cette stressante collègue qui veut toujours apprendre et toujours en faire plus ? Ce CV terne qui n'indique pas de brillantes écoles ni de postes prestigieux dès son plus jeune âge, mais un parcours laboral laborieux (quoique fructueux), et de l'inventivité là où on attend de la méthode ? Un polygone aventureux là où on demande un carré ?
Quelle révélation. Je me trouve parée de nouveaux qualificatifs flatteurs et inattendus dont je ne manquerai pas de faire bon usage dans ma recherche d'emploi.
Amis recruteurs, vous ne m'aimez pas, mais à partir d'aujourd'hui, moi je m'aime :-)
neilicis69 le 06/10/2011 10:36
Un mal Français
Bonjour,
Ce problème de la sélection par le diplôme est typiquement Français. Je suis autodidacte, j'ai 51, un parcours qui n'a pas à rougir, et des compétences et un niveau de connaissances acquises reconnus, et dans domaines que je n'imaginais pas lorsque j'ai commencé à travailler comme l'Ingénierie, les bureaux d'études, les solutions PLM ou EAM etc...
Mais il est vrai que les quelques fois où j'ai répondu à des annonces où j'estimais que je pouvais réellement apporter une valeur sur le poste proposé, je n'ai jamais eu de retour, et je suis persuadé que ce qui fait défaut c'est le manque d'un diplôme d'Ingénieur ou Ecole Sup de Commerce en bas du CV.
Pourtant j'ai suivi un nombre incalculable de formation professionnelle dans les entreprises pour lesquelles j'ai travaillé. Ajouté à cela les qualités citées précédemment comme la curiosité, l'adaptabilité, l'optimisme et la volonté permanente d'aller de lavant, de construire, je n'envie pas certains de mes collègues qui eux ont le diplôme qui va bien mais qui à coté de ça ne sont pas des lumières dans leur job.
Il ne faut pas désespérer, car une autre des qualités de l'autodidacte est la ténacité.
En tous cas j'apprécie cet article qui met en valeur les vrais qualités d'un autodidacte.
Bon courage à tous les autodidactes.
ballade33 le 19/09/2011 17:36
bonjour
A la lecture de cet article et de ses commentaires, je constate que nous sommes tous d'accord sur les qualités des autodidactes. Alors pourquoi avons nous autant de difficultés à retrouver un emploi ?
En ce qui me concerne, lorsque je postule sur un emploi niveau BAC+2, on me répond que je suis surdimensionnée, et lorsque je vise un poste niveau BAC+4, mon CV ne sort pas dans la liste (merci aux logiciels de tri de CV).
Alors, Recruteurs, soyez curieux, sortez des sentiers battus et vous trouverez la perle que vous recherchez ! Vous avez dit "diversité" ?
Bonne journée à tous
AA du 80100 le 04/08/2011 10:48
Bonjour à tous,
Le témoignage de Steph reflète une exacte vérité que je constate au quotidien dans cette période de recherche active !
Il est très difficile de prévaloir à des offres d' ingénieur commercial avec une formation de bac + 2, commercial et technique, et 20 années d' expérience. Le tout complété par des séminaires de formations tels que multiscore (33)et surtout capfor (69),RH et stratégies, qui n' ont eu de cesse que de d' accroitre connaissance et performance.
Tout récemment, un bilan de compétence, me conforte dans cette démarche d' orienter mes recherches dans cette voix, où quelqu' un entendra et comprendra le message. Le talent ( oui, le mien !) permettra de faire avancer une entreprise avec un regard différent comme en témoigne le DAF Laurent Corbon au début de l' article.
En faim (je 2 maux... !), à la lecture de ces motivants messages d' encouragements,
il est probable que d' autres échanges, sur ce sujet, soient sur un hub de viadéo.
Cordialement,
AA du 80100
Steph le 18/07/2011 01:12
Bonjour,
J'ai quitté le système scolaire pour commencer ma vie professionnelle à 16 ans.
C'était il y a 36 ans et le parcours que j'ai accompli témoigne d'une indiscutable réussite.
A la lecture de cet article, j'ai mieux pris conscience de ce que cet accident originel avait contribué à cette réussite. Qu'est-ce qu'un autodidacte sinon une personne qui n'a jamais perdu l'appétit d'apprendre et de se remettre en question ? Longtemps j'ai regardé cette particularité comme un défaut d'instruction.
Jusqu'au jour récent où j'ai eu à remplir un dossier administratif dans lequel je devais récapituler les formations auxquelles j'avais participé depuis mon entrée dans la vie active.
En comptant le nombre d'heures investies j'ai réalisé que j'avais accumulé un peu plus que l'équivalent d'un doctorat. L'essentiel de ma formation s'est donc déroulé à l'âge adulte et en tant que salarié.
Que ce témoignage donne espoir à tous les adolescents qui sortent du système scolaire sans diplômes et avec le sentiment d'être atteints de graves lacunes. Peut-être que c'est au contraire parce qu'ils ont du génie qu'ils sortent de ce système.
Bien à vous
erickri le 17/07/2011 16:00
Autodidacte = prise de risque pour un DRH
c'est mon analyse, autodidacte moi même j'ai souvent été confronté et je le suis encore à des réflexions du genre ... mais vous n'êtes pas ingénieur
Quand une entreprise décide d'embaucher un candidat pour un poste elle créée une fiche de poste, ou , elle pense aux compétences de la personne qu'il faut remplacer. A partir de là, la solution simple et rapide est de regarder dans un cursus scolaire universitaire grandes écoles ce qui existe comme enseignements et de se caler sur ces différentes formations. Simple, rapide, sans risques marge d'erreur faible même si le candidat sélectionné n'apporte pas les résultats attendus. La norme aura été respectée personne ne pourra être mis en cause.
Dans l'autre cas la société embauche un autodidacte, le DRH, la société de chasseur de tête prend un risque, deux même.
Le premier, c'est que l'autodidacte est plus difficile à mettre dans des cases. Il a par nature un parcours qui n'est pas linéaire et faudra faire la synthèse de ses compétences pour voir s'il colle au poste ou s'il peut s'y adapter.
Le deuxième, c'est qu'il n'y a pas eu respect de la demande d'origine, s'il y a échec et ça peut arriver l'encadrement les N+1 et autres auront beau rôle d'appuyer la ou ça fait mal, à savoir il n'est pas diplômé ( vous avez pris un risque inutile pour la société) la norme n'a pas été respectée.
C'est sans appel
La dernière, c'est que le diplôme est un filtre efficace pour être sûre d'embaucher des personnes de moins de 35 ans, par principe beaucoup de séniors ont acqui leurs compétences sur le tas.
DOMI91 le 17/07/2011 15:31
Je me suis complètement retrouvée dans cet article. C'est vrai que l'on a toujours loué mon esprit d'analyse et de réflexion. Mais à côté de cela de quelle volonté et quelle remise en question permanente ai-je dû faire preuve pour pouvoir mettre en pratique mes compétences dans l'entreprise et monter les échelons.
Et en cas d'entretiens de recrutement, surtout dans la comptabilité, imaginez les difficultés. On demandera à un autodidacte de faire ses preuves quelque soit son expérience professionnelle alors que le diplôme sur un CV restera toujours un sésame qu'on le veuille ou non. Je ne m'appesantirai pas sur les salaires en fonction des diplômes.
Mais peut-être que ces difficultés nous donnent une tolérance et une ouverture d'esprit qui nous sont propres ! Et finalement l'envie de toujours apprendre nous console en partie des aléas de la vie professionnelle.
Dgear le 15/07/2011 19:17
Diplome > compétences
Tout à fait d'accord avec le commentaire précédent.
Et encore maintenant il faut même posséder un diplome de première classe pour obtenir facilement un travail (HEC, ISEG, EDHEC,...).
Vous l'aurez compris, ces écoles ont des couts d'inscription ne pouvant être payés que par des enfants de cadres et cadres sup.
Le marché du travail et meilleurs postes se referme donc seulement aux élites et aux fils de "...".
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